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Pourquoi l’économie collaborative ne changera pas le monde

10/20/2015

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ZipCar, Uber, Drivy, on ne parle plus que d’eux et d’ « économie collaborative ». Ces start-up, qui vendent un « accès » plutôt qu’une possession, se proposent de changer nos modes de consommation. Aux États-Unis, l’idée fonctionne : CouchSurfing, Shareable, Swaptree et autres invitent les Américains à apaiser l’avidité qui les a mené à la crise de 2008. De l’autre côté de l’Atlantique, Uber fait face à la vindicte populaire, accusée de vouloir détruire le gagne-pain des chauffeurs de taxis. État des lieux sur une tendance qui n’est peut-être pas à même de changer le monde.
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Jérémy Rifkin est le gourou de l’économie collaborative. Le spécialiste de prospective publiait en 2012 La troisième révolution industrielle, ouvrage qui critique l’économie du XXe siècle et fait l’apologie d’un modèle basé sur les énergies renouvelables et les nouvelles technologies. Avec l’Internet des Objets, il prédit l’avènement d’une économie du partage, qui si elle ne signifie pas la fin du capitalisme, signifie tout du moins celle du consensus de Washington : « Un nombre important de biens et de services vont même s'approcher d'un coût marginal zéro. Ils deviendront gratuits et sortiront donc du circuit économique classique », déclarait-il au magazine Challenges. Mais qu’est-ce donc cette « sharing economy » et qu’est-ce qui la caractérise ? Rachel Botsman, experte de l’économie collaborative, a très tôt parlé du phénomène en coécrivant en 2010 What’s mine is yours – The rise of collaborative consumption. Pour elle, l’économie de partage est née grâce à la génération Y, les digital natives, qui souhaite utiliser les choses mais pas nécessairement les posséder. Elle la décrit comme génération «  qui veut pouvoir écouter la musique de l’iPod sans pour autant détenir cet iPod ». Lors de sa participation au TEDx Sydney, elle met en avant la loi des « cinq R » qui, selon elle, sous-tend la consommation collaborative : Reduce – Reuse –Recycle – Repair –Redistribute.

Le sharing capitalism
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Reste que de nombreuses entreprises qui se réclament de l’économie collaborative sont à cheval entre un système purement destiné au profit et une économie de partage. Prenons Uber, si UberPop permettait, en effet, de s’affranchir de la surproduction puisque l’on partage des voitures déjà achetées, il est totalement intégré au modèle prôné depuis le consensus de Washington. Comment penser que cette firme peut changer la société alors qu’elle s’inscrit dans le même temps dans une logique d’hyper-croissance, sa valorisation boursière dépassant le milliard de dollars ? Au-delà d’une simple critique de certaines licornes, il s’agit plutôt de pointer du doigt le fait qu’elles ne modifient pas le modèle en place. L’économiste Bernard Perret, remarquait très justement dans la revue Esprit que : « L'économie collaborative est au confluent de valeurs politiques et culturelles très contrastées – entre promotions des “communs” et individualisme entrepreneurial. ». Ce que nous appelons aujourd’hui « économie collaborative » demeure ainsi ancré dans le capitalisme débridé qui a fait ses preuves en 2008. L’oubliée de la « sharing economy » est la redistribution. D’Airbnb à Blablacar en passant par Uber, nombre de ces sociétés ne montrent qu’une chose : nous n’arrivons plus à croître en produisant plus, il s’agit donc de réorganiser ce qui a été produit par le passé. Est-ce que cela signe la fin des inégalités ? Rien n’est moins sûr. C’est toutefois l’occasion de desserrer les contraintes écologiques qui pèsent sur l’économie mondiale et d’inventer un nouveau mode de consommation.


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La confiance, cette monnaie de demain
 


Autre raison d’aller à pas mesurés vers la très tendance sharing economy, l’utilisation massive des données personnelles qu’elle suppose. De fait, ces communautés connectées fonctionnent toutes sur une monnaie unique : la confiance. Airbnb, Uber et bien d’autres ont instauré des systèmes de notation internes qui permettent de créer une relation de confiance. Rachel Botsman s’est notamment fait le chantre d’un reputation capital, une sorte de carte d’identité numérique pouvant être créée à partir de Facebook et mesurant la fiabilité des internautes. Adieu donc la liberté que nous confère l’anonymat d’Internet. Cette idée, louable a priori, porte en elle ses propres limites. Elle transposerait sur le Web, les contraintes existant dans la vie physique quand une des grandes joies d’Internet est justement de s’en défaire.
Telle qu’elle est conçue par de nombreuses entreprises aujourd’hui, l’économie de partage ne changera pas le monde. Elle revient simplement à passer d’un système de production de masse à un système de partage payant. Partager sur ce mode ne permet pas de réduire les inégalités. Pour sortir du circuit économique classique, il faut sans doute commencer par accepter que nos ressources soient limitées et que l’extrême richesse des uns ne peut que conduire à l’extrême pauvreté de tant d’autres. Quant à moi, je me contente encore de cet adage geek pour comprendre notre bon vieux modèle économique : « If you’re not paying then you are the product. »

​S.S.S.

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